
LONGS FORMATS
La Terreur Blanche
Pour Billet Retour, l’émission d’histoire de France 24, j’ai réalisé et filmé ce long format sur La Terreur Blanche à Taïwan, co-écrit avec les talentueux Lou Kisiela et Antoine Morel. Ce reportage explore une période méconnue de l'histoire taïwanaise, à travers des rencontres avec d'anciens prisonniers politiques, des activistes et l'accès à des archives inédites.
Le 28 février 1947, alors qu'ils tentent de se soulever contre le gouvernement contrôlé par les nationalistes du Kuomintang, plusieurs milliers de Taïwanais sont assassinés. C'est le début de la "Terreur Blanche". Deux ans plus tard, après sa défaite contre les communistes chinois, le leader du Kuomintang Tchang Kai-Shek et plus d'un million de nationalistes chinois se réfugient sur l’île de Taïwan. Le militaire y établit la République de Chine et décrète la loi martiale. Les autorités craignent les infiltrations communistes et, pour les éviter, instaurent un climat de terreur. Jusqu'en 1987, date de la levée de la loi martiale, les Taïwanais vont subir privations de liberté, emprisonnement injustifiés, exécutions.
Le tournage à Green Island a été fort en émotions. C’est un îlot isolé, autrefois utilisé comme lieu de détention. Son paysage hostile, hors du temps, incarne la dureté de la répression, tout en remémorant la résilience des esprits qui y furent emprisonnés.
Tchang Kai-shek aurait dit : "Mieux vaut 1000 innocents tués qu'un communiste en liberté."
L’addiction létale du bétel
Pour l’émission Reporters de France 24, j’ai réalisé et filmé ce long format sur Le fléau du bétel à Taïwan, co-écrit avec Lou Kisiela. Le bétel est considéré comme la quatrième drogue la plus consommée au monde, après la nicotine, l'alcool et la caféine, et il est aussi un puissant cancérogène. Si des millions de personnes en Asie en consomment, il était particulièrment intéressant de filmer ce reportage à Taïwan car c’est le seul pays où les autorités et les associations mènent une lutte active (et efficace !) contre ses effets néfastes.
Pour autant, le gouvernement fait face à un dilemme : des centaines de milliers de Taïwanais dépendent économiquement du bétel. L'interdire ou le réguler pour des raisons de santé publique aurait des conséquences catastrophiques sur les revenus de nombre de ses citoyens.
Le tournage de ce reportage a été un fabuleux voyage, il m'a emmenée aux quatre coins de Taïwan, notamment dans des régions reculées où vivent des communautés autochtones.
J'ai été marquée par l’omerta au sujet du bétel (difficile d’obtenir des interviews et des informations…) et profondément impressionnée par le combat acharné de la Sunshine Foundation. Malgré de nombreux obstacles et un soutien limité des autorités, ils luttent sans relâche pour tenter de protéger la santé de leurs concitoyens, à l'image de ceux qui, autrefois, ont milité pour la régulation de l'alcool et des drogues. Leur détermination face à ces défis est inspirante.